Thérèse de Lisieux



Une jeune carmélite, toute simple, qui aurait presque pu passer inaperçue, a vécu trois siècles après Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, dans le Carmel de Lisieux en France : Thérèse de Lisieux, aussi appelée la "petite Thérèse" (1873-1897).


Elle était faible (tout au moins le pensait-elle) et malade. Par conséquent, elle ne pouvait pas pratiquer de durs exercices ascétiques. D'ailleurs, au fil des ans, vivant une vie intérieure intense, elle devint de plus en plus convaincue que ce n'était pas le bon chemin. Une autre voie se dessinait pour elle: la "petite voie".


D'après Thérèse de Lisieux, en vivant à une époque de grandes inventions techniques, il n'est pas nécessaire de grimper péniblement un escalier. On peut juste prendre l'ascenseur, tout simplement. Ceci peut être transposé dans la vie spirituelle, parce que l'ascenseur existe là aussi : les bras de Jésus. Une grande confiance permet de faire le pas et d'entrer dans cet ascenseur. 
 

Dans le concret de la vie quotidienne, cela ne signifie pas tellement de fournir de grands efforts. Pour Thérèse de Lisieux, il s'agit plutôt de bien effectuer les tâches quotidiennes, comme p. ex. la lessive (peinture du Carmel de Reno, Nevada USA). Il s'agit d'effectuer les choses de la vie quotidienne avec application bien sûr, mais surtout avec amour. Car là est le secret de la petite Thérèse: l'amour.


En un temps où elle ne savait plus très bien quelle était sa tâche sur cette terre, elle reçut soudain cette certitude du coeur : être amour. Elle dit alors cette phrase célèbre: "dans le coeur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'Amour" (voir aussi vidéo "Ma vocation"). 
 

Cet amour, elle ne l'avait pas que pour Dieu, mais aussi pour les êtres humains, proches ou lointains. Elle aurait aimé devenir missionnaire. Cet amour, elle l'avait pour tous les êtres humains, sans préjugé et sans jugement, pas de haut, mais en solidarité. Elle souhaitait s'asseoir à la tâble des pécheurs, pour les mener à la lumière. S'asseoir à table, avec eux, au milieu d'eux, comme Jésus l'a fait lui aussi. (Mt 9, 10).


Sa foi fut durement mise à l'épreuve, dans une nuit obscure qui a duré un an et demi. Dans cette nuit, il n'y avait pas seulement un mur élevé et épais entre elle et Dieu, mais elle fut aussi tentée de croire au néant.
 

Son lien profond avec Marie, la mère de Jésus, l'a aidée, particulièrement en ces temps difficiles, à ne pas perdre la foi. Marie fut une vraie mère pour elle.


Cette carmélite morte jeune, qui aurait presque pu passer inaperçue, n'a pas seulement provoqué un changement fondamental dans la vie du carmel, mais aussi dans la théologie. Pour l'église catholique, elle n'est pas seulement sainte, mais aussi docteur de l'Eglise. Ses écrits autobiographiques sont traduits dans presque toutes les langues.


Thérèse de Lisieux a encore tant de choses à nous dire aujourd'hui! Bien sûr, nous devons accepter le style d'écriture romantique de l'époque et ne pas nous arrêter devant ce que nous pensons être un peu doucereux. Le noyau dur de son message "être amour" nous rapproche de Dieu et des humains. Il nous conduit à la contemplation et il est accessible à tout le monde.




Foto: étang du Carmel d'Oirschot - Karmel_Oirschot.pdf


Je pensais en moi-même : c'est bien vrai, c'est bien cela! Oui, je suis comme un voyageur fatigué, harassé, qui tombe en arrivant à la fin de son voyage. ... Oui mais, c'est dans les bras du bon Dieu que je tombe!

(Thérèse de Lisieux, carnet jaune, 15 septembre, 2 semaines avant sa mort)


Une petite paille en signe d amour: Therese_de_Lisieux -_Petites_pailles